Gaspillage ! Rien à foutre.

Salut les sapiens

Je viens de prendre le métro pour aller bosser et une scène inhabituelle s'est déroulée devant près d'une dizaine de personnes.

Assis, le nez dans quelques papiers, mon regard est attiré par un jeune homme à moitié endormit (environ 17 ans, pantalon taille basse, casquette et lecteur Mp3). A cause de son accoutrement original, je le détaille quelques secondes puis retourne à mes occupations.

Quelques minutes plus tard, je le vois laisser un journal gratuit, glisser de ses doigts... sur le sol de la rame. Peut m'importe qu'il soit monté dans le métro avec ou sans, l'important pour moi est que si vous ramassez un journal, vous en devenez le propriétaire, même temporaire et donc le responsable. Il me faut environ 3 secondes et demi pour réagir.
Je me baisse pour lui rendre le journal :
Excuses moi, tu as laissé tomber ton journal

dis-je en lui tendant le quotidien.
Aussi sec, un :
Qu'est-ce que ça peut te foutre

vient égayer le silence studieux de la rame de métro.
S'ensuit une série d'invective émaillé de gestes amples :
"tu sais pas comment se réveille les gens. Allez me parle plus, ferme ton cul", etc.

Je m'obstine en tentant de lui expliquer que nous vivons ensemble et que je n'accepte pas de vivre dans les ordures. Le ton, de son côté, monte de plus belle, et sa tirade fleurie se termine par un :
T'es français toi, je nique ta race !

Autour de nous, les gens ne souriaient pas (il y a même un monsieur conciliant à mes côtés qui prit le journal : "ça tombe bien je ne l'ai pas lu").

Mon voyage touchant à sa fin, je lui souhaitait une bonne journée et quittait la rame, sous les sourires des occupants.

La jeunesse est censée prendre possession de la Terre... pour celui-là, c'est pas gagné !

J'ai un espoir malgré tout, c'est que notre conversation ai été entendu et compris par les témoins de cette scène.